6 minutes
Malgré la peur, la répression et la guerre, les chrétiens d’Iran gardent les yeux tournés vers Dieu. Leurs témoignages nous rappellent combien ils ont besoin de nos prières aujourd’hui.
«Cette douleur est comme un accouchement: elle vient avec la détresse, mais nous prions pour qu’elle donne bientôt naissance à la vie et à la liberté.» Ces mots, ce sont ceux de Sahar (pseudonyme), une chrétienne du sud de l’ Iran.
Alors que la violence et la peur continuent en Iran, quelques lueurs d’espoir sont apparues récemment. Après une longue période de coupure totale des communications, certains Iraniens parviennent désormais à parler avec leurs proches et leurs amis.
«Quel soulagement d’entendre enfin la voix de nos frères et sœurs après plusieurs jours de silence», raconte un partenaire de Portes Ouvertes qui a récemment réussi à passer de courts appels avec des personnes en Iran.
Pendant les périodes de répression et de mesures de sécurité renforcées, les communautés minoritaires subissent souvent une pression accrue et des restrictions supplémentaires. Cette situation affecte particulièrement les églises de maison clandestines, où de nombreux convertis iraniens au christianisme se réunissent.
La surveillance renforcée, les arrestations et les restrictions de communication rendent ces rencontres plus difficiles et plus dangereuses. Il devient aussi plus compliqué pour ces communautés de pratiquer leur foi et de rester en lien les unes avec les autres.
Même avant le conflit actuel, de nombreuses familles luttaient déjà contre l’inflation et la pauvreté. Depuis des années, les chrétiens cherchent à répondre à ces besoins de manière concrète: aider les familles à trouver du travail, fournir de la nourriture, des vêtements, du matériel scolaire pour les enfants et une aide médicale.
Mais les récentes manifestations, la répression sévère qui a suivi et la guerre avec Israël et les États-Unis ont aggravé la situation. Beaucoup de personnes ont perdu leurs moyens de subsistance.
L’Église en Iran a essayé de partager l’amour de Jésus et d’apporter de l’espérance par des actes concrets de service. Mais aujourd’hui, étant donné la répression qui a touché de nombreuses familles et la guerre qui fait rage, les besoins sont encore plus grands.
De récents rapports indiquent que les conditions se sont détériorées dans la prison d’Evin, là où sont détenus de nombreux chrétiens et prisonniers politiques.
La distribution de nourriture et les communications ont été interrompues, et certains prisonniers ont été transférés vers des lieux tenus secrets. Actuellement, les détenus sont vulnérables à la fois en raison des conditions internes et du conflit extérieur en cours.
«Un ami de ma famille, actuellement emprisonné là-bas, a réussi à faire passer un message: les prisonniers survivent essentiellement avec du pain et de l’eau. Ils doivent payer très cher pour en avoir. Il a dit que dans certains cas les gardiens refusent de donner de l’eau aux prisonniers s’ils ne paient pas», explique l’un de nos partenaires, bouleversé par cette situation.
Selon certains rapports, des commandants iraniens ont abandonné leurs casernes lors des frappes en cours, laissant derrière eux des soldats chargés de garder les positions et d’affronter le danger sans direction ni soutien.
«Mon neveu sert actuellement comme soldat, raconte Mohsen (pseudonyme), un chrétien iranien. Récemment, de nombreux commandants ont quitté la caserne et les jeunes soldats ont été placés en première ligne. Comme vous pouvez l’imaginer, c’est une situation très inquiétante pour notre famille.»
Alors que de nombreux Iraniens restent chez eux à cause de la guerre, le régime utilise des zones civiles très peuplées pour mener certaines opérations militaires, notamment le lancement de drones d’attaque et de missiles. Cette décision dangereuse met la vie des civils en péril.
Le bureau du procureur général de la République islamique a publié une déclaration menaçant les Iraniens vivant à l’étranger: s’ils participent à ce que le régime appelle une «collaboration avec l’ennemi», leurs biens et leurs propriétés pourraient être confisqués et ils pourraient subir d’autres sanctions, dont la peine de mort.
Une jeune chrétienne, Arina (pseudonyme), a récemment fui l’Iran avec sa famille et vit désormais à l’étranger. Elle exprime le poids émotionnel que portent beaucoup de membres de la diaspora iranienne. «Quitter mon pays a été très difficile, et je devais déjà faire face à la douleur d’abandonner ma vie derrière moi, raconte-t-elle. Dès que nous avons entendu parler des manifestations, j’avais envie d’être avec mon peuple, de manifester et de crier dans les rues. Même maintenant, je sais que c’est une période difficile et dangereuse, mais je souhaite toujours être dans mon pays. J’espère que nous pourrons y retourner un jour, et j’espère que ce sera bientôt. Je suis dévastée de ne pas avoir pu être dans mon pays pendant ces jours-là.»